Arrivés hier à Ibusuki, station balnéaire au sud du Japon. Il faisait plutôt bon, alors nous avons demandé à l’office de tourisme si nous pouvions camper. To de go, on nous répond « Eh bien là » en pointant l’espace vert jouxtant l’office. Nous étions un peu surpris, parce que nous étions en plein centre ville, mais bon, il y avait des toilettes, ça semblait calme, c’était gratuit. De plus hors saison Ibusuki semble sommeiller. Vous êtes déjà allé à Carnac Plage en février ? C’est tout pareil.

Nous nous sommes couchés comme les poules, parce que dans le ciel, il n’y a pas de plafonnier pour éclairer, sauf l’éclairage publique nous illuminait un peu. Les lampadaires ont fini par s’éteindre et nous nous sommes endormis, non sans se demander comment nous pourrions expliquer à la police, si elle débarque, que nous avions l’autorisation de camper là. C’est que, si nous avons bien compris, le camping sauvage est interdit au Japon.

Premier réveil, la pluie s’est mise à tomber et le vent à souffler. Nous avons une super tente étanche mais chaque gouttelette sur la toile se transforme en tambour du Bronx. La pluie et le vent ne cesseront de la nuit.

23h, remue ménage, les toilettes et le parking à côté sont utilisés par les clients des bars bien cachés dans la ruelle pas loin. Voitures qui démarrent, téléphone, chants et phares. Nous sommes samedi soir et la vie nocturne est pareille dans toutes les villes du monde. Ibusuki se réveille avec la saturday night fever.

Pluie qui tambourine. Hantise du campeur qui pointe : petit pipi. « Dis, tu crois que je dois mettre le pantalon pour aller aux toilettes ? » « Plutôt oui, c’est qu’il y a un peu de monde qui déambule, quand même! » S’extirper de la tente, ça mouille.

1h du mat. S’endormir bon an mal an. Sauf que l’humidité déclenche des pétarades sur le poteau électrique à 3m de la tente. Éclairs, bruits de pétards, arcs électriques, on va finir en poulet rôti. S’en fout dormir quand même.

3h, phares puissants dans la tente. Quoi encore. Sans doute des curieux surpris de trouver une tente là. Après 5min, les phares s’éteignent, phrases échangées, feux gyrophares rouges. N’y tenant plus, on ouvre. La police !! Comment on va leur expliquer et si on fini au poste ? Au moins on sera au sec. Nouveau remue  ménage, ça n’a pas l’air d’être pour nous. « Konbawa ! » Tiens une voix féminine nous salue. Hervé ouvre, une policière, charmante laisse échapper un petit « ho » de surprise. Le sourire jusqu’aux oreilles, dégoulinante dans son imper blanc. Un chillip ! Elle demande poliment si nous étions déjà là la veille. « Non, non » puis s’en va. Les voitures disparaissent dans la nuit, le calme enfin. Nous ne nous sécherons pas au poste.

Le calme ? C’était trop vite espéré. Une nacelle s’approche, en marche arrière, de notre tente. Ouiiiie!! Hommes blancs casqués en promontoire au-dessus de la tente. Nous finissons par comprendre que la police et les techniciens étaient venus à cause de ce fichu poteau feu d’artifices.

Maintenant nous pouvons dormir, des « men in white » veillent sur nous.